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A BEAUTIFUL TEXT FROM ONE OF
FRANCE’S SENIOR MUSIC CRITICS

 
It’s by François Camper, who says he came out of retirement in order to write this lovely, touching appreciation of Camerata and of Anne Azéma. Our thanks to him, and we hope to enjoy his presence at many concerts to come!
 
J’ai raccroché les stylos il y a maintenant quelques années. Pour laisser aux autres le plaisir de rendre compte de leurs belles rencontres musicales. Mais là, je les ai recherchés (les stylos, hein. Pas “les autres”!) avec une certaine fébrilité après un voyage éclair en Alsace. Il faut que je raconte cette fabuleuse soirée de Noël passée avec les chanteuses réunies autour de Anne Azéma dans un bien beau programme construit à partir du répertoire médiéval des chants de la Nativité. Un sacré répertoire.
 
Allez, je ne vais pas détailler. Ce serait insipide sans la musique. Mais, que dire ? Cela ne va pas être facile.
 
D’abord, il y avait les membres de la Camerata de Boston autour de la soprano Anne Azéma. Puis, derrière, le chœur des femmes de la mission « Voix alsace » formé à ce répertoire par la soprano. Et un homme… Ben, oui, pourquoi pas. Surtout que François Lazarevitch est passé maître dans l’art de la flûte et du biniou (mon demi-cœur de Breton ne peut qu’apprécier) !
 
Ensuite il y a ce répertoire. Très ancien. Très vaste. Et très riche dans sa diversité. Rien d’insipide comme avec nos chants d’église soit disant moderne mais à l’âme éteinte.
 
Enfin il y a la rencontre des deux. Répertoire et interprètes. Et d’emblée, la joie qui se lit sur les visages est transmise au public. Des voix pures et claires, une conduite parfaite et un discret jeu de scène qui comble les « lacunes » linguistiques du public (on chante en des langues parfois bien oubliées)… Ces femmes sont là pour raconter une histoire. Une belle histoire. Une histoire mystique, mais aussi charnelle.
 
Et le miracle s’est produit ! Tout au long du concert jusqu’à l’introït de la messe de Noël « Puer natus est » chanté par Anne Azéma, Anne Arley et Deborah Rentz-Moore comme une ode à la maternité ! Je suis persuadé que les moines de Solesmes eux-mêmes en auraient été troublés.
 
Et je n’oublierai pas non plus de mentionner la leçon de théologie distillée avec humour par Anne Azéma pour souligner l’actualité des questionnements posés par ce répertoire et encore moins l’accompagnement et les interventions solistes d’un instrumentarium (vièle, guiterne, psaltérion, flûtes et cornemuses) discret mais efficace.
 
Quelle belle soirée que ces retrouvailles avec la Camerata de Boston qui me ravit depuis… si longtemps
 
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